Carnets de voyages

Ukraine

Kiev – Київ – Киев

Aujourd’hui mardi, nous commençons à apprécier l’Ukraine. Samedi, nous sommes partis de St Romain vers 7H avec des sandwichs et pizzas de la boulangerie Gilardon que nous avons dévorés sur la route de Berlin. Samedi soir, Yves nous a accueilli dans son appartement de Wedding et nous a annoncé le programme du lendemain : frühstück (petit déjeuner) à Prenzlauer Berg puis visite du marché aux puces.

Deutsch frühstück

Le petit déjeuner était splendide : poisson frais pour Natacha, charcuterie, fromage et fruits pour les garçons. Ensuite nous avons visité l’immense marché aux puces qui nous a fait penser à Camden Market à Londres, mais en plus authentique. Après un petit arrêt au bar où nous avons évoqué les biergarten (dont celui que nous avions essayé la veille au soir), nous avons erré au hasard des larges rues Berlinoises.

Marché aux puces berlinois

Enfin, nous nous sommes couchés très tôt car les 12 heures d’autoroutes françaises et allemandes de la veille n’étaient rien à comparer des 18ou 20 heures de routes chaotiques qui nous attendaient en Pologne et en Ukraine.

Nous nous sommes donc levés à minuit ce lundi pour partir à 1H du matin et tomber dans des bouchons polonais à 3H du matin ! Incroyable ! Heureusement ça n’a pas duré trop longtemps et l’autoroute polonaise qui suivait était neuve. Arrivés à la frontière, nous avons patienté très longtemps tandis que les douaniers contrôlaient nos passeports et faisaient de l’humour sur le prénom de Natacha et ses origines estoniennes (nous apprendrons plus tard que les russes et les ukrainiens se moquent des estoniens qu’ils considèrent « lents » en tous points de vue).

Route ukrainienne boueuse

Nous avons attaqué les routes ukrainiennes, parfois neuves, souvent défoncées et parfois même en pistes boueuse, mais toujours très droites à travers les immenses plaines d’Ukraine. Ces paysages nous ont frappé par leur absence de limite et ce côté quasi hypnotique de la route, toujours droite, à travers les plaines de blé ou les forêts de bouleaux.

Une fois dans Kiev, nous avons eu beaucoup de mal à nous situer, malgré l’aide d’un homme qui s’est avéré alcoolique et plus perturbant qu’aidant. Mais nous avons fini par trouver la maison de Ioulia et Sergueï, nos très accueillant hôtes. Ils sont tous les deux russophones mais parlent un bon anglais et l’échange est très intéressant. Ils nous ont servi un bon repas arrosé du vin que nous avons apporté. Après une conversation, nous nous sommes couchés, épuisés.

La nuit a été vraiment réparatrice et tandis que Natacha se douche, je profite du petit déjeuner de miel, fruits des bois et café.

Kiev – Київ – Киев

Après ce bon petit déjeuner, nous avons pris le métro pour nous rapprocher du centre ville, nous avons traversé un parc très sauvage, assez peu entretenu et malheureusement assez sale, mais ombragé et nous protégeant de la chaleur. Puis nous avons vu la ville, avec ses larges avenues et son architecture monumentale, à commencer par la place de l’indépendance avec ses nombreuses fontaines. C’est un endroit relativement touristique, avec des gens costumés en Bart Simpson et Bob l’éponge, ainsi que des stands avec des faux costumes du XVIIIe siècle pour se faire prendre en photo. Natacha a simplement trempé ses pieds dans une des fontaines, puis nous nous sommes dirigés vers Bessarabsky Rynok.

L'arche de l'amitié

Sur le chemin, nous avons rencontré une manifestation de militants pro-Ioulia Timochenko. Le marché de Bessarabie est un marché couvert, c’est une très beau marché, avec de jolis étals de fruits et légumes, de poissons séchés ou frais, de caviar, de viande. Le plus surprenant étant la viande posée à même les étals de carrelage, sans système de réfrigération. Dommage que les vendeurs étaient si pressants

Marché de Bessarabie

Nous avons ensuite marché jusqu’à Zoloti Vorota, les derniers restes de fortifications anciennes, puis jusqu’à la cathédrale Sainte Sophie. Les jardins de la cathédrale sont très jolis, très bien entretenus, il y a même un carillon. Malheureusement, les façades de la cathédrale étaient en réfection et il était difficile de l’admirer. L’intérieur est partagé entre une décoration baroque un peu trop clinquante à notre goût et de magnifiques fresques et mosaïques millénaires.

Sainte Sophie

Un peu plus loin, nous avons visité le monastère Saint Michel, à l’intérieur très baroque lui aussi. C’est un endroit plus vivant, des cierges y brûlent, des moines y récitent une litanie envoutant, tandis qu’un autre agite son encensoir et ses grelots.

Nous avons ensuite descendu  tranquillement Andriyivsky Uzviz, dont le principal attrait ne vient pas de ses boutiques à touristes mais plutôt des jolies façades décrépies et des pavés inégaux qui en font le charme.

De retour à la maison, après une douche pour faire passer les effets de la chaleur, Ioulia et Sergueï nous attendaient avec un repas ukrainien : bortsch, salo (gras de porc salé), oignons et ails crus, cornichons en saumure, oignons doux de Yalta, le tout arrosé d’une bière locale non pasteurisée délicieuse et de vodka (dont une artisanale très forte). Nous n’avons pas fini bourrés mais ce n’était pas loin. Nous avons ensuite fait une petit balade nocturne digestive avec nos hôtes et leur chat, que nous surnommons désormais le chasseur de hérissons. Nous avons eu de longues conversation avec nos hôtes.

Repas ukrainien

De retour à la maison, nous avons joué à « Gang de castors », puis nous nous sommes couchés épuisés par la chaleur. Même l’orage diluvien ne nous a pas dérangés.

Mykolaïv – Миколаїв – Николаев

Vareniki (ravioli) et goloubtsi (chou farçi) sont des plats typiquement ukrainiens que nous avons eu l’occasion de manger grâce à Ioulia qui prépare des plats cuisinés et les vend pour gagner sa vie en complément du salaire de Sergueï qui travaille dans les médias. Nous avons aussi eu l’occasion de manger des petits plats à emporter dans les rues de Kiev : des blinis (crèpes fourrées) et des kerepitchkas (beignets à la saucisse).

Les Lavras à Kiev

Notre deuxième jour à Kiev a été plus apprécié que le premier : nous avons passé beaucoup de temps aux « Lavras », qui sont une sorte de complexe religieux avec églises, monastères et beffrois. Nous y avons visité les catacombes où sont « exposés » de nombreux moines momifiés dans des cercueils vitrés. Natacha, comme toutes les femmes, a du porter le voile sur la tête, ce qui l’a ravie (ah non !). Mais la beauté des lieux valait bien ce petit sacrifice.

Rhodina Mat

Après nous être restaurés dans une restaurant « buffet » pour trois fois rien, nous sommes allés voir Rhodina Mat, une gigantesque statue en titane de style soviétique et le musée qu’elle abrite. Il s’agit du musée de la grande guerre patriotique (lors de la seconde guerre mondiale). Ce musée contenait beaucoup de pièces parfois intéressantes, mais très mal mises en valeur et avec quasiment uniquement des descriptions en ukrainien. La monotonie du musée ajoutée à la chaleur et à la fatigue nous ont fait abandonner et nous avons poursuivi notre visite du centre ville, avec le très joli parc Chevtchenko où nous avons bu un kvas frais (boisson pétillante à base de céréales, sorte de bière sans alcool).

Université à Kiev

Le soir nous avons passé du temps avec nos hôtes à discuter, parler des voyages et à jouer aux petits jeux que nous avons emportés. Mais je n’ai pas sorti le ukulele comme la veille où nous avons chanté ensemble « Les yeux noirs » et « Champs Élysées ».

Le lendemain matin, nous avons fait nos bagages et avons quitté Ioulia en lui promettant de l’accueillir avec son mari s’ils venaient en France. Puis nous avons pris la voiture, dans laquelle nous avons béni la climatisation car il fait très chaud en ce moment. À midi, nous avons mangé salo et vareniki dans un restaurant autoroutier, et le soir nous sommes arrivés à notre étape avant la Crimée : Mykolaïv.

Roma nous attendait là, sans sa femme qui est déjà en Crimée. Nous nous sommes installés dans son appartement dans un immeuble datant de l’ère soviétique. Sur son balcon, nous avons discuté des difficiles années 90 où il y avait peu à langer, et quand le salaire des parents n’arrivait pas, il fallait aller chez la grand-mèremanger des pommes de terre. Désormais, Mykolaïv va mieux car l’industrie navale reprend un peu et il y a beaucoup d’informaticiens (il est webdesigner) car il y a une école.

Mykolaïv

Roma nous a aussi parlé du tourisme nuptial, les riches hommes occidentaux viennent chercher une jeune femme ici. Il nous a expliqué qu’il est fréquent de rencontrer des hommes d’un certain âge avec deux jolies jeunes femmes : une est la future femme et l’autre est la traductrice. Il arrive que l’homme reparte avec la traductrice. Effectivement, hier soir Roma nous a emmené sur la grande rue piétonne de la ville et tandis que nous buvions à un bar, nos voisins étaient exactement comme le trio décrit ! Ensuite nous sommes allés nous coucher, la nuit a été très chaude, trop chaude.

Ce matin, au réveil, Roma nous a préparé une joli petit déjeuner avec plusieurs sortes de confiture d’abricot maison, du porridge, du thé et des graines de tournesol. Là, nous profitons un peu de la connexion internet avant de repartir en voiture pour Yalta.

Yalta – Ялта – Ялта

Comme d’habitude, la route est perpétuellement en travaux, ce qui est plus gênant en Crimée qu’ailleurs car il y a beaucoup de circulation. Nous nous sommes arrêtés à mi-chemin pour manger dans un restaurant Tatar à Simferopol. Nous avons pu constater que l’accueil et le service sont bien plus agréables ici qu’à Kiev, ce qui s’est confirmé plus tard.

Sur la plage

En reprenant la route, nous avons vu les paysages changer et devenir plus montagneux. La côte est assez sauvage et n’est pas trop défigurée par les nombreuses habitations. Yalta a un certain charme malgré son côté très touristique. Nous avons garé la voiture et filé sur la plage de Massandra. Nous n’avons jamais vu autant de touristes entassés au mètre carré. Malgré tout Natacha a profité de la mer dans son maillot de bain flashy comparé aux habits ternes des touristes ukrainiens, russes et biélorusses. Même si cette plage de galets pourrait ressembler à n’importe quelle station balnéaire occidentale, c’est très dépaysant de se retrouver entouré uniquement de russophones. Sur la plage, Natacha m’a acheté une pakhlav, une pâtisserie locale feuilletée avec beaucoup de miel.

 Les tenues XVIIIe à Yalta

Nous avons fait une ballade sur les quais de Yalta où on voit quelques bateaux mais surtout de nombreux bars et d’innombrables attractions pour touristes dont les plus étonnantes sont ces déguisements dans le style du XVIIIe siècle dans lesquels les gens se font prendre en photo.

Après un verre, de nuit face à la mer, nous avons rejoint notre couchsurfer, Constantin Nous avons un peu discuté avec lui et ses amis, joué avec Boubka le petit chaton puis avons passé une nuit dans une température enfin acceptable grâce aux pierres de la maison.

Ce matin nous avons rencontré Lisa, l’amie de Constantin, qui apprend le français. Nous avons déjeuné de thé, de kéfir et de fromage au miel.

Simferopol – Сімферополь – Симферополь

Suite au petit déjeuner frugal, Kostia et Lisa nous ont présenté Matveï, un de leur amis qui apprend le français et avec qui nous avons passé une partie de la journée. Tout d’abord il nous a emmenés au jardin botanique de Massandra où nous avons erré au gré de nos envies et de nos conversations lentes.

Photos de mariage au jardin botanique

Ensuite nous sommes allés au palais de Massandra, construits par le tsar juste avant qu’il ne meurt. Plus qu’un palais, il s’agit plutôt d’une résidence secondaire charmante avec un joli parc. Toujours écrasés par la chaleur, nous avons acheté de l’eau et un éventail pour Natacha.

Puis Matveï nous a guidé  jusqu’à la maison de Tchékhov, au sein de Yalta, où il a vécu les 5 dernières années de sa vie. Cette maison est pleine de charme et l’on sent encore la présence de l’écrivain, plus d’un siècle après sa mort.

 La machine à écrire de Tchékhov

En milieu d’après-midi, nous avons emmené Matveï  à son travail puis nous avons pris la route en direction des montagnes d’Aï Pietri. Mais nous avons conduit au moins 30 kilomètres de trop jusqu’à Foros. Ceci dit nous n’avons pas regretté ce détour involontaire car la route côtière est magnifique. Les montagnes plongent directement dans la mer et c’est splendide. Mais ce n’était rien à comparer de ce qui nous attendait au sommet de Aï Pietri. Après un téléférique un peu trop cher, nous nous sommes trouvés face à une vue époustouflante puisque l’arrivée est tout en haut d’une falaise qui surplombe des forêts et la mer. Nous nous sommes assis un peu à l’écart de l’agitation qui règne au somme et avons admiré la vue au calme pour une moment.

Ai Pietri

De retour vers le téléférique, dans la longue queue, nous avons observé les bateleurs et leurs animaux? Les ukrainiens semblent beaucoup aimer se faire prendre avec un rapace ou un bébé tigre. Nous avons aussi résisté à l’habileté de certains à se faufiler dans les queues…

De retour à Yalta nous avons retrouvé Matveï et Kostia avec qui nous avons pris un bain de nuit fort agréable sur une plage de rochers. À la maison, j’ai joué mes couplets des « Yeux noirs » et des « Champs Élysées » au ukulele, mais j’étais trop fatigué pour que ça donne bien.

Le lendemain matin, Kostia, Lisa et leurs amis nous ont emmené à une cascade dans la montagne. La marche était un peu longue, surtout avec la chaleur, mais cela valait le coût. L’endroit était idyllique et même si l’eau était vraiment froide, j’ai beaucoup apprécié, d’autant plus que ça m’a rappelé mes vacances d’enfance en Italie. Natacha a beaucoup moins apprécié la matinée.

Sous une cascade au dessus de Yalta

L’après-midi, nous avons dit au revoir à nos hôtes et avons repris la route pour Balaklava. Toujours aussi belle, la route côtière nous a encore enchantés. À Balaklava nous n’avons profité d’aucun site touristique car le musée était fermé et la forteresse était en haut d’une colline, ce qui nous a découragé vu la fatigue accumulée depuis le matin. Nous avons mangé dans un restaurant sur un bateau, puis avons cherché en vain nos couchsurfers de Sébastopol. Après avoir tourné des heures dans la ville et demandé notre chemin à de nombreuses personnes, nous avons trouvé que le bâtiment indiqué ne contenait pas le numéro d’appartement que nous cherchions. C’est ma première mauvaise expérience de couchsurfing. À 23H, nous sommes partis à la recherche d’un hôtel disponible, ce qui s’est avéré impossible. Nous avons donc finis par dormir dans la voiture.

Ce matin, sales et collants de l’inconfortable nuit, nous avons retrouvé une amie bouddhiste de Kostia qui nous a permis de prendre une douche chez elle. J’ai pu tenter de parler un peu russe car elle et son mari ne parlaient pas anglais. Nous les avons remerciés chaleureusement et sommes partis à la découverte de Sébastopol, à commencer par le panorama dépeignant la guerre de Crimée. Située dans un bâtiment circulaire, cette fresque gigantesque est magnifique et saisissante de réalité. L’observateur (j’allais presque dire spectateur) se trouve au centre de la pièce ronde avec la peinture à 360° et même un décor rendant l’effet de profondeur encore plus étonnant.

 Port militaire de Sébastopol

Nous avons ensuite visité le centre et le port, dont l’intérêt se situe surtout dans le fait de voir la mer et des bateaux militaires.

En revanche nous n’étions pas préparés à la beauté et au charme de Khersones, qui est un complexe constitué d’une cathédrale orthodoxe (la première) entourée de ruines grecques, dont un théâtre et de nombreuses rues. Le tout est entouré par une mer magnifique dans laquelle Natacha n’a pas hésité à plonger toute habillée.

Khersones

À la fin de cette journée finalement positive malgré la petite nuit, nous avons pris la route pour Simféropol où nous avons retrouvé Olya qui va nous héberger quelques nuits. Olya parle français et est ravie de pouvoir travailler un peu la langue. Le plaisir est réciproque car cela soulage un peu de parler français. Olya est une personne très intéressante et assez lucide sur son pays.

Odessa – Одеса – Одесса

Après une chaude nuit dans le petit appartement d’Olya, nous sommes allé dans la voisine Bakhtchissaraï. Ce fut une journée magnifique, le seul point négatif étant les gardiens de parking et rabatteurs de restaurants qui nous harcelaient.

Salon du palais de Khans

Le palais des Khans est un endroit splendide où l’on aurait presque envie de vivre, avec ses salons entourés de divans, avec parfois une fontaine centrale, on s’imagine parfaitement y fumer un narghilé et discuter autour d’un verre de thé ou se promener dans les jardins calmes et ombragés. Les harems du palais ont aussi été remeublés et des mannequins féminins habillés comme à l’époque des khans y ont été disposés, ce qui donne une bonne idée de la vie de l’époque.

Après un repas typiquement tatar, nous avons pris une marchroutka, un bus local. Nous nous sommes souvenus de la fois où nous en avons pris une à Yalta en revenant de la cascade. Cette-fois là, Constantin nous avait expliqué que pour payer, on confie l’argent à son voisin de devant en lui demande de faire suivre. Mais cette fois nous avons payé en montant.

 Tchoufout-Kalé

Ce minibus nous a emmené non loin du monastère troglodyte où nous avons observé une procession pieuse. Puis nous avons marché 3 kilomètres jusqu’à la forteresse de Tchoufout-Kalé. Ce site impressionnant est un complexe mélangeant caves troglodytes, bâtiments et murs de pierres, le tout parcouru par des rues taillées dans le roc. À lui tout seul, l’endroit vaut largement la longue marche en montée sous le soleil écrasant. Mais en plus de cela, certains endroits permettent d’admirer une vue époustouflante depuis le haut de la falaise vers les montagnes et vallées voisines.

De retour à Simferopol, nous avons passé une agréable soirée avec Olya à qui nous avons donné un peu de musique française. Nous avons chanté et joué, elle va essayer d’apprendre les paroles de « Bijou » de Thomas Fersen.

Ce matin, après une autre nuit chaude, nous avons pris la route pour Odessa. En chemin nous nous sommes arrêtés dans un restaurant dans le style château médiéval qui pourrait remporter la palme du kitsch autant pour l’intérieur que pour l’extérieur.

 Restaurant kitchissime

En traversant Odessa, nous avons commencé à observer et apprécier l’architecture très différente du style soviétique observé jusqu’à présent : façades variées et colorées. Là, nous nous reposons chez Natasha, notre hôte qui vit dans un grand et bel appartement.

Khmelnytskyï – Хмельницький – Хмельницкий

Odessa nous a vraiment charmés, à commencer par la Deribasovskaya, la grande rue piétonne, très représentative de la ville. Mais commençons par le commencement.

Le matin, nous sommes allés au marché Privoz, à côté de la gare. C’est un immense marché où l’on trouve de tout et pas cher. Nous avons navigué entre les rayons de vêtements, de fruits et légumes, de boucherie, d’épices, de quincaillerie, de couteaux et finalement de poisson séché. Nous y avons acheté quelques centaines de grammes de poisson salé, séché et coupé en lamelles. Pour Natacha c’est une véritable friandise, moi je pense que ça irait bien pour l’apéro, avec de la bière.

Poisson séché au marché Privoz d’Odessa

Après une grande visite du Privoz, nous nous sommes arrêtés sur la place Koulikovo Pole, de l’autre côté de la gare, attirés par les bouquinistes. Nous avons trouvé notre bonheur dans un vieux dictionnaire franco-russe, un livre en anglais imprimé à l’époque soviétique et un livre pour enfants sur la conquête du cosmos, datant aussi de l’époque soviétique.

 Deribasovskaya

Nous avons ensuite rejoint le centre ville et emprunté la fameuse Deribasovskaya. De magnifiques façades classiques colorées, des arbres, des cafés et des terrasses en font vraiment un endroit agréable. Puis nous avons mangé dans un restaurant donnant sur le jardin municipal au bout de cette rue. Jusqu’à présent, c’est la cuisine la plus fine que nous ayons goûtée (même si nous aimons la cuisine ukrainienne d’une manière générale).

 “Passage” (Пассаж) à Odessa

Nous avons ensuite fait un tour par le « Passage’ (Пассаж), qui est ce qu’il décrit : un très beau passage à travers les immeubles, décoré de sculptures classiques et abritant quelques boutiques chiques. Il nous a mené jusqu’à la cathédrale. Puis nous sommes allés jeter un œil à l’opéra de style viennois (style que je n’ai eu aucun mal à reconnaître) puis à la mairie et à la statue de Pouchkine qui se trouve face à elle.

Nous avons ensuite emprunté l’agréablement ombragée boulevard Primorsky, lui aussi piétonnier , jusqu’à la statue du duc de Richelieu qui surplombe le célèbre escalier Potemkine. Nous sommes ensuite allés sur la jetée en face où se trouve l’horrible sculpture d’un bébé plutôt difforme. Bizarrement, comme pour toutes les statues, les touristes font la queue pour se prendre en photo avec.

Escalier Potemkine

Après un bref aperçu du port maritime, nous sommes retourné sur le boulevard Primorsky pour observer le palais abandonné de Vorontsov et traverser la « passerelle de la belle-mère ». De l’autre côté nous y avons trouvé une romantique terrasse estivale où nous avons dégusté du vin blanc géorgien. Puis nous sommes redescendus par la rue Gogol, un magnifique exemple de la variété et de la beauté des styles architecturaux d’Odessa.

Le soir, Natasha nous a emmené dans un bar sympathique, le « True man ». Puis nous sommes allé dormir dans son appartement à Arkadia.

Le lendemain, nous étions plutôt fatigués et avons passé un moment à la plage avec Natasha, notre hôte. Puis nous avons emprunté un petit train touristique qui nous a emmenés dans le grand parc Chevtchenko. Après une petite balade, nous avons retrouvé des amis de notre hôte. Nous avons passé une très belle soirée avec des français (Roland, Manu, Lisa), des russes (Natasha, Ilya) et un équatorien (Leonardo) ; ce dernier était très drôle dans la manière de raconter ses propres aventures, et la vodka aidant, nous avons sympathisé avec toute la bande.

Sympathique caviste à Khmelnytskyï

Hier nous avons repris la route pour Khmelnitskyï. Toute la route entre Odessa et Kiev est en très bon état, mais dès que nous avons bifurqué, nous avons trouvé de la nationale très chaotique et bondée de camions qui ralentissent le trafic. Hier soir, Andreï nous a accueilli avec un grand sourire et une hospitalité rare ! Il a tenu à acheter de la bière et de la vodka, nous a appris les toasts traditionnels ukrainiens. Puis nous avons fait un tour nocturne de la ville durant lequel nous nous sommes arrêtés chez un caviste de ses amis. Nous avons goûté des vins rouges de Crimée ne ressemblant à rien de ce que nous connaissons, un muscat rosé plus proche de ce que nous connaissons, et finalement, quelques cognacs locaux très agréables, le tout pour une sommes dérisoire. »Ici ce n’est pas la Crimée’ nous a dit le caviste avec lequel j’ai échangé quelques mots en allemand. Puis nous sommes rentrés dormir chez Andreï qui a tenu à nous faire dormir dans son lit !

Ce matin,  au petit déjeuner il nous a préparé des petites galettes de pommes de terre accompagnées de crème fraîche.  Nous voilà bien remplis pour la journée !

Tchernivtsi – Чернівці – Черновцы

Hier, après le petit déjeuner, Andreï nous a emmené faire un tour en ville. Il faut préciser que c’est l’extrême hospitalité de notre hôte qui nous a fait rester plutôt que la description du guide Lonely Planet. En effet, nous nous sommes bien amusés avec lui malgré la barrière de la langue car la ville n’a que peu d’intérêt si ce n’est quelques parcs et un immense marché dans le genre du Privoz d’Odessa (Andreï nous a dit qu’il s’agissait du deuxième du pays par la taille).

Statue de Lénine à Khmelnytskyï

En attendant Olga, sa femme, nous sommes restés une partie de l’après-midi au frais chez Andreï où une amie à lui, encore une Natasha, nous a rejoins. Nous avons pu converser en anglais et jouer au Gang des Castors. Olga nous a rejoins et nous avons encore visité quelques parc, dont un très sympathique au bord de l’eau, avec des pédalos et quelques attractions et manèges pour enfants.

Nous avons laissé Natasha et avons passé la soirée avec Andreï et Olga à boire de la vodka et à discuter de choses et d’autres, de leurs cours de français, de leur projet d’émigrer au Québec fin 2012, des conditions de vie en Ukraine et de la différence entre le coût de la vie relativement élevé et des salaires très bas qui poussent les ukrainiens à la débrouille, la magouille ou au départ pour l’étranger.

Forteresse de Kamenets-Podolski

Après une bonne nuit, nous avons quitté nos sympathiques hôtes pour Kamenets-Podolski. Il s’agit d’une vieille ville très jolie, mais surtout d’une impressionnante forteresse juchée en haut de hautes falaises creusées par la rivière en contrebas. Cette forteresse du XIXe siècle m’a rappelé Veliko Tarnovo (en Bulgarie) par certains aspects, mais elle est mieux conservée. En revanche, l’environnement est malheureusement défiguré : la ville en face possède quelques immeubles laids et sous le vieux pont menant à la forteresse majestueus il y a une petite centrale électrique bien visible ! C’est bien dommage car le site vaut le détour.

Après un petit bout de route, nous voici à notre auberge de jeunesse, cachée dans un immeuble, sans aucune indication et dont le propriétaire est absent. Malgré tout, une jeune voisine est là pour nous aider, ainsi que quelques autres clients d’origine tchèque.

Solotvyn – Солотвин – Солотвин

Après avoir posé nos affaires à l’auberge de jeunesse, nous avons fait un petit tour à pieds dans Tchernivtsi. Cette ville est vraiment très belle, et a posteriori nous aurions aimé y rester un peu plus. L’architecture est très loin du style soviétique mais se rapproche plutôt du classique austro-hongrois. De plus, tout est très propre et semble avoir été rénové récemment. Toutes les façades sont colorées vivement et le long de la rue piétonne principale se trouve une église d’un rose éclatant. Au bout de cette rue, nous avons trouvé un restaurant à l’autrichienne comme il y en a beaucoup dans cette rue et nous avons passé une petite soirée romantique à discuter et à boire de la vodka.

 Centre ville de Tchernivtsi

À notre retour à l’auberge, nous avons retrouvé nos voisins de chambrée qui se sont couchés en même temps que nous. Malheureusement, parmi eux se trouvaient un ou deux gros ronfleurs qui nous ont réveillé pendant la nuit.

Le lendemain matin, nous sommes partis dans l’espoir de gravir le mont Hoverla, point culminant de l’Ukraine. Mais la route fut beaucoup plus longue et tortueuse que prévu, en très mauvais état et un passage à niveau nous a bloqué un long moment. Sur le chemin nous avons vu une quantité incroyable de cigognes dans leur nid, ce fût notre petit bonheur du jour car arrivés en bas du mon Hoverla, on nous a expliqué que c’était fermé. Nous avons compris plus tard que les sentiers devaient être impraticables à cause de la pluie qui est tombée toute la journée.

Dans les Carpates ukrainiennes

Malgré tout, nous avons admiré les beaux paysages des Carpathes avant de retrouver Kate, notre couchsurfeuse américaine qui vit dans un petit village non loin d’Ivano-Frankivsk. Elle est là depuis un an avec le Peace Corps pour faire de l’éducation dans une école locale. Elle va rester encore un an mais connait déjà beaucoup de choses sur le pays. Elle nous accueille dans sa maison campagnarde où elle fait pousser ses légumes (plus à cause de la pression sociale de ses voisins que par intérêt).

 Sous la fontaine d'Ivano-Frankivsk

Après une nuit passée chez elle, elle nous a guidé jusqu’à Ivano-Frankivsk, ville moins intéressante que Tchernivtsi, mais plus que Khmelnitski. L’architecture rappelle un peu celle de Tchernivtsi, mais tout est décrépit. Nous avons fait un tour de la ville, vu la fontaine sous laquelle on peu passer, vu quelques sculptures du festival de ferronnerie et nous sommes arrêtés dans une boutique de souvenirs nationalistes d’Ukraine. Nous avons mangé quelques gaufres dans un lieu peu ukrainien (où il y avait même de la musique française) puis nous sommes rentrés chez elle avec une bouteille de vodka achetée au Silpo (supermarché) local.

Lyon

Après une soirée autour de cette bouteille de vodka ayant bien joué son rôle de lubrifiant social, nous sommes allés nous coucher. Le lendemain matin nous avons quitté Kate que nous reverrons peut-être un jour à New York, qui sait ?

Centre Ville de L'viv

Puis nous avons découvert L’viv, centre du nationalisme ukrainien et bizarrement la ville qui nous a parue la moins ukrainienne. En effet, en s’y baladant nous avons plutôt eu l’impression de visiter une ville d’Europe centrale en Autriche ou en Pologne (les polonais revendiquent d’ailleurs cette ville) à cause de ses façades colorées aux styles variés et à ses nombreuses églises. Mais en montant au sommet du château haut qui donne une vue magnifique à 360°, nous avons pu voir au loin quelques buildings au style bien soviétique.

C’est d’ailleurs dans un de ces immeubles que nous avons retrouvé Vlodko, notre très sympathique hôte qui lui aussi est incroyablement hospitalier, au point de dormir par terre pour nous faire profiter de son lit ! Nous avons passé la soirée avec lui et Benjamin, un couchsurfer parisien qui se rendait en Moldavie. Nous sommes allés au « Kumpel », une brasserie locale, boire une bière délicieuse accompagnée de charcuterie ukrainienne (dont du salo et le délicieux bastruma).

L'viv : Marché aux livre

Le lendemain matin nous avons quitté notre hôte et avons achevé notre visite de L’viv en nous baladant dans les jolies rues et en chinant dans un marché aux livres en plain air où Natacha a trouvé un recueil de contes ukrainiens en anglais.

Nous avons ensuite repris la voiture en direction du poste frontière. Nous pensions que cela serait rapide, comme à l’aller, mais en tout nous sommes restés quatre heures et demi au poste frontière ! Et tout cela pour rien car il n’y a eu aucun contrôle particulier, à part un bref coup d’œil des douaniers sur notre passeport et dans le coffre. Nousqui avions peur de dépasser la limite d’alcool et n’avions pris qu’une bouteille de vodka chacun, nous aurions pu en prendre 10 sans soucis ! Passablement énervés par cette longue attente inutile, nous avons repris la route et sommes arrivés très en retard à notre rendez-vous suivant, à Żywiec où nous avons retrouvé Joanna et Gregory. Après un repas copieux durant lequel ils nous ont raconté leur tour du monde récent, nous nous sommes couchés, exténués.

 Mont Pilsko

Le lendemain matin, nous nous sommes réveillés dans ce charmant chalet de montagne appartenant aux parents de Gregory, puis nous nous sommes préparés pour une journée de randonnée. Nous nous sommes rendus jusqu’à la frontière entre la Pologne et la Slovaquie, puis nous avons emprunté un sentier longeant la frontière jusqu’au sommet du mont Pilsko, en Slovaquie. Nous avons admiré la forêt et les paysages, puis nous sommes redescendus par le versant polonais où se trouve une petite station de ski où nous avons trouvé un restaurant où manger avec Joanna et Gregory.

Nous sommes retournés chez nos hôtes prendre une douche et se reposer un peu. Le soir, un couple de très bons amis à eux est venu se joindre à nous. Nous avons passé une excellente soirée à manger un barbecue de viande marinée, à discuter, à chanter des chansons polonaises, françaises, anglaises ou russes et à jouer à quelques jeux de société.

Après une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner somptueux nous attendait. Nous avons profité de ce dernier repas en Pologne avant de dire au revoir et de reprendre la route pour Lyon en traversant Pologne, Allemagne et France. Nous sommes arrivés à 5h30 du matin et sommes tombés comme des masses dans notre lit douillet. Aujourd’hui nous nous remettons doucement de nos émotions avant de reprendre le travail demain (pour moi en tous cas).

Trajet du voyage